Comment rééquilibrer un portefeuille, et à quelle fréquence
Pourquoi rééquilibrer ?
Mieux vaut clarifier ce point d'emblée, car beaucoup d'articles sur le rééquilibrage en exagèrent les bénéfices.
Le rééquilibrage sert à maîtriser le risque, pas à doper la performance. L'idée selon laquelle il permettrait mécaniquement de « vendre haut et acheter bas », et donc d'améliorer la performance, ne résiste pas aux faits. Sur les longues périodes où les actions ont fait mieux que les obligations, rééquilibrer vers les obligations a réduit la performance, exactement comme on pouvait s'y attendre. Ce qu'il fait de manière fiable, c'est empêcher votre portefeuille de devenir, sans que vous le remarquiez, plus risqué que ce que vous aviez accepté.
Un 60/40 laissé tel quel pendant une décennie de hausse des marchés actions ne reste pas un 60/40. Il devient un 80/20, et vous découvrez ce que cela implique lors du prochain repli plutôt qu'au moment de planifier.
Les trois méthodes
La méthode calendaire
Choisissez une date, faites le point une ou deux fois par an et corrigez tout ce qui a bougé. C'est simple et cela ne demande aucune surveillance. Sa faiblesse : vous corrigez parfois des écarts qui n'en valaient pas la peine, et vous ratez ceux qui surviennent entre deux vérifications.
La méthode par seuil
Oubliez le calendrier et agissez lorsqu'une part s'éloigne de sa cible au-delà d'une marge définie. Une marge de cinq points de pourcentage est la plus courante. Les recherches de Vanguard ont conclu qu'une surveillance annuelle ou semestrielle avec un seuil de 5 % convient à la plupart des portefeuilles largement diversifiés (Vanguard, recherches sur le rééquilibrage résumées par Fidelity et d'autres).
Sa force : elle réagit à ce qui s'est réellement passé. Sa faiblesse : elle vous oblige à surveiller.
La méthode hybride
Faites le point selon un calendrier, mais n'agissez que si la marge est dépassée. Vous combinez la discipline d'une date fixe et la retenue d'un seuil, et vous évitez de passer des ordres les années où rien n'a beaucoup bougé. C'est vers cette approche que convergent la plupart des recommandations des professionnels.
Rééquilibrer avec de nouveaux versements
C'est la méthode que la plupart des articles passent sous silence, et c'est généralement la meilleure si vous continuez à investir.
Au lieu de vendre ce qui a progressé, orientez vos prochains versements vers ce qui est resté à la traîne. Pas de vente, donc pas de plus-value réalisée, pas d'impôt déclenché et aucun coût en dehors de ceux que vous payez déjà pour acheter.
Un exemple chiffré
Vous détenez 100 000 €, avec une cible de 60/40, et vous êtes actuellement à 68/32 :
Actions : EUR 68 000 (68 %)
Obligations : EUR 32 000 (32 %)
Vous êtes surpondéré en actions de 8 points de pourcentage. Vous versez 2 500 € par mois, et vous affectez la totalité de ces versements aux obligations.
Combien de nouveaux versements faut-il pour combler entièrement l'écart ? Les actions restent à 68 000 €, et elles doivent représenter 60 % du total :
68 000 / 0,60 = EUR 113 333 au total
113 333 - 100 000 = EUR 13 333 d'argent frais
Vérification : les obligations passent à 32 000 + 13 333 = 45 333 €, soit 40 % de 113 333. Le compte est bon.
À raison de 2 500 € par mois, il faut un peu plus de cinq mois. À mi-parcours, après trois versements :
Actions : 68 000 / 107 500 = 63,3 %
Écart : +3,3 points, contre +8 au départ
Ce que coûte vraiment une vente
Reprenons le même portefeuille et corrigeons-le immédiatement. Vous vendez 8 000 € d'actions et achetez 8 000 € d'obligations.
Supposons un spread (écart entre prix d'achat et prix de vente) de 0,1 %, une commission de 5 € par opération et un prix de revient de 5 000 € pour les actions vendues : la vente réalise donc une plus-value de 3 000 €. Avec un taux d'imposition de 20 %, donné à titre d'illustration (votre taux réel dépend entièrement de votre lieu de résidence fiscale) :
| Coût | Montant |
|---|---|
| Spread sur 8 000 € | 8 € |
| Commission, deux opérations | 10 € |
| Impôt sur une plus-value réalisée de 3 000 €, à 20 % pour l'illustration | 600 € |
| Total | 618 € |
L'impôt représente 97 % du coût. C'est précisément pour cela que la méthode des nouveaux versements mérite d'être connue : les frais de transaction sont dérisoires, la plus-value réalisée ne l'est pas.
Cet exemple montre aussi quand le raisonnement s'inverse. Sur un compte fiscalement avantageux, il n'y a pas de plus-value imposable : vendre coûte 18 €, et l'intérêt d'attendre cinq mois disparaît en grande partie.
Dans quel ordre procéder
Une pratique courante plutôt qu'une règle, qui découle des calculs ci-dessus :
Mesurez l'écart avant de décider quoi que ce soit. Un écart de 2 points ne justifie généralement pas de passer un ordre.
Orientez d'abord vos nouveaux versements. C'est gratuit, sans impôt déclenché, et vous utilisez de l'argent qui allait être investi de toute façon.
Rééquilibrez ensuite au sein de vos comptes fiscalement avantageux. Y vendre ne vous coûte que le spread et la commission.
Vendez en dernier recours sur les comptes imposables, car c'est la seule étape qui génère un impôt à payer.
Vérifiez au passage si vous avez des moins-values à réaliser, puisque vous passez déjà des ordres. Consultez la récolte des moins-values (tax-loss harvesting).
Comment Turbobulls vous aide
Vous pouvez définir un poids cible pour une position, et la carte « Against your targets » (par rapport à vos cibles), dans Allocation (répartition), affiche l'écart entre cette cible et le poids actuel de la position, en points de pourcentage. L'application est pour l'instant en anglais. Un écart de moins d'un point reste en gris. Au-delà, il apparaît en couleur : en orange lorsqu'une position dépasse sa cible, en bleu lorsqu'elle est en dessous. Nous n'utilisons volontairement pas le rouge, car s'écarter de sa cible entre deux rééquilibrages est normal.
Pour rééquilibrer avec de nouveaux versements, la méthode décrite plus haut, la même carte fait le calcul pour vous. Indiquez le montant que vous investissez ce mois-ci dans le champ « Investing this month? » (vous investissez ce mois-ci ?) : la carte répartit la somme entre les positions qui n'ont pas atteint leur cible, en proportion de leur retard, sans jamais dépasser une cible. Elle ne propose que des achats, et cette répartition n'est qu'une suggestion : rien n'est acheté à votre place.
Par rapport à vos cibles
5 positions ont une cible, soit 71% du portefeuille. Vous avez €6 400 de liquidités chez vos courtiers.
Le repère sur chaque barre est la cible. Cliquez sur une cible pour la modifier. L'argent est réparti selon l'écart de chaque position sous sa cible, et aucun achat ne dépasse une cible. C'est une suggestion.
Côté coûts, le prix de revient est suivi lot par lot : vous voyez ce qu'a coûté chaque achat, plutôt qu'une moyenne de toutes les actions que vous détenez. C'est ce chiffre qui détermine le montant de la plus-value qu'une vente réaliserait. Les plus-values réalisées et latentes sont également distinguées, position par position, dans toutes les offres.
La répartition par type d'actif, courtier, devise et étiquette est disponible dans toutes les offres : c'est elle qui vous permet de voir la structure de votre portefeuille tous courtiers confondus, plutôt que compte par compte. La répartition par secteur, par industrie, par pays et par région nécessite une offre payante.
Visualisez l'écart et ce que coûterait sa correction
Pour aller plus loin
L'écart de portefeuille - comment mesurer l'écart avant toute chose
Plus-values réalisées ou latentes - ce qu'une vente concrétise réellement
L'efficacité des coûts - l'effet des opérations et des impôts sur votre performance au fil du temps
La répartition des actifs selon l'âge - d'où vient la cible vers laquelle vous revenez
Questions fréquentes
Q : Quelle est la meilleure fréquence ?
Une ou deux fois par an suffisent pour la plupart des portefeuilles, et vérifier plus souvent conduit surtout à passer des ordres inutiles. Les recherches s'accordent sur une surveillance annuelle ou semestrielle avec une marge d'environ 5 points de pourcentage, en n'agissant que lorsque cette marge est dépassée.Q : Le rééquilibrage améliore-t-il la performance ?
Pas de manière fiable. Il permet de maîtriser le risque. Lorsque l'actif le plus performant continue de progresser, rééquilibrer pour en réduire le poids diminue votre performance : c'est le prix à payer pour conserver le niveau de risque que vous avez choisi. Présenter le rééquilibrage comme une stratégie de performance, c'est en exagérer la portée.Q : Faut-il rééquilibrer pendant un krach ?
C'est pendant un krach qu'une règle de seuil se déclenche le plus fortement, car c'est là que les répartitions bougent le plus. C'est aussi à ce moment-là qu'acheter l'actif qui a chuté est le plus inconfortable. Fixer sa méthode à l'avance sert précisément à trancher cette question avant la tempête, plutôt qu'en plein milieu.Q : Et la fiscalité ?
Vendre sur un compte imposable réalise une plus-value et, comme le montre l'exemple chiffré, c'est généralement le principal coût d'un rééquilibrage. Le traitement fiscal varie selon les pays : consultez les bases de l'imposition des plus-values pour comprendre le fonctionnement des cessions, et vérifiez les règles qui s'appliquent à vous ou demandez conseil à un expert-comptable.Turbobulls est un outil de suivi et d'analyse, pas un conseiller en investissement. Rien sur cette page ne constitue un conseil en investissement, fiscal ou juridique. Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital. Faites vos propres recherches ou consultez un professionnel agréé.
Rééquilibrez à partir de chiffres réels
Turbobulls vous montre ce qui s'est écarté, de combien, et ce qu'a coûté chaque lot : votre décision de rééquilibrage repose sur votre situation réelle, et non sur une estimation.
- Poids cible par position, avec l'écart en points de pourcentage
- Prix de revient par lot, pour savoir ce qu'une vente réaliserait
- Répartition par type d'actif, courtier, devise et étiquette dans toutes les offres
- Plus-values réalisées et latentes distinguées, position par position, dans toutes les offres
- Gestion native de plusieurs courtiers et de plusieurs devises
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